08/08/2011

3 Après la 2e Guerre Mondiale / 3.1 L’épuration

3.1.1 Reflector, 10, 1971, p.204

 

“Men mag niet uit het oog verliezen dat na de oorlog meer Waalse dan Vlaamse incivieken ter dood werden gebracht (122 tegen 105).”

 

3.1.2 La répression de l’incivisme en Belgique : 346 283 dossiers, 1 247 condamnations à mort, in : Le journal du siècle, 18/08/98

 

En Belgique, l'aventure tragique de la collaboration se termina, en septembre 1944, en même temps que s'ouvrirent les prisons et les tribunaux chargés de juger les « traîtres », ceux qui avaient pactisé avec l'Allemagne nazie.

Pas mal de légendes ont couru sur l'épuration, explique M. Willequet, historien belge. La première, c'est qu'une répression féroce se serait abattue sur des centaines de milliers de Belges - et l'on cite le nombre des dossiers : il y en eut 346 283 !

C'est oublier que chaque plainte exigeait une enquête, et que 84 % de ces enquêtes furent négatives, ou révélèrent des doubles emplois. I1 n'y eut en réalité que 57052 poursuites, dont 53005 condamnations, 4736 acquittements et 399 applications de la loi de défense sociale.

 Voilà quelques repères qui permettent d'esquisser la pyramide des peines. II y eut 1 247 condamnations à mort (548 flamands, 699 francophones) ; 242 personnes furent effectivement exécutés :

105 dans les arrondissements flamands, 122 dans les arrondissements wallons, 15 à Bruxelles. Les détentions perpétuelles furent au nombre de 1 022 dans le nord du pays et de 817 au sud. Les emprisonnements de dix à vingt ans se décomposèrent en 3 342 arrêts pour la partie flamande et 2 491 arrêts pour la partie francophone. Enfin, seule la base (peines de moins de trois ans) révèle une nette prépondérance flamande : 14 115 contre 8013.

Une dernière opinion généralement répandue voudrait que la justice ait été particulièrement répressive au lendemain de la Libération pour devenir ensuite plus indulgente. C'est vrai, c'était inévitable, et il y eut en 1944 quelques peines capitales sinon imméritées, du moins mal équilibrées par rapport à des jugements postérieurs. Mais ces cas furent très rares, et, par la suite, le jeu des grâces et des commutations de peine devait largement rétablir l'équilibre. Cinq ans plus tard, il n'y avait plus que 3 075 détenus inciviques dans les prisons.

Quelles étaient les bases juridiques des poursuites qui furent intentées ? Essentiellement les suivantes : l'article 113 du Code pénal (avoir porté les armes contre la Belgique en guerre) ; l'article 1l8 bis (collaboration intellectuelle ou politique) : l' article 121 bis (dénonciation) et l'article 115 (collaboration économique).

On estime que les 12 893 condamnés à des peines criminelles correspondent aux 10 366 Belges qui furent recensés par ailleurs comme ayant servi dans la Wehrmacht, tandis que les 15775 condamnés à des peines correctionnelles pourraient couvrir les 16029 membres des formations auxiliaires. On voit que ces calculs n'aboutissent qu'à des approximations, et

c'est normal, D'autre part, on sait que le général Reeder, chef de l'administration militaire occupante, déclara qu'il y avait eu environ 30 000 Belges dans l' armée allemande. C'est beaucoup plus que les 10366 indiqués dans les statistiques judiciaires - mais il faut tenir compte des tués et des disparus, qui échappèrent aux tribunaux. Retenons néanmoins un fait des plus intéressants : un tiers au moins des porteurs d' armes a agi par conviction politique. C'est énorme.

L'article 118 bis (collaboration politique) provoqua 23 584 condamnations. Il faut préciser que seuls furent frappés les  individis qui avaient exercé des dfonctions réelles dans des partis d'« ordre nouveau », ou qui s'étaient fait connaître par une propagande active. Ajoutons-y les 20652 déchus de leurs droits civils et politiques : simples adhérents passifs, qui doivent donc être additionnés aux collaborateurs politiques, Si l'on tient compte des tués, des disparus et des mineurs d'âge, le nombre des fascistes convaincus, amis politiques de l'occupant, devrait avoir plafonné autour des 50 000.

La collaboration économique (article 115) totalisa 1 504 condamnés pour ce seul article et 4003 condamnés pour d'autres articles en plus. Il faut dire que seuls furent frappés les cas les plus graves et les plus flagrants ; tous les autres bénéficièrent de la nécessité reconnue « pour un pays occupé par l'ennemi de maintenir une activité économique lorsqu' elle présente un intérêt évident pour la population, alors même qu'elle profite inévitablement à l'envahisseur" (texte du rapport du régent, précédant l'arrêté-loi du 25 mai 1945). Enfin, la dénonciation à l'ennemi n'entraîna que 4 101 condamnations pour ce seul article 121 bis et 4 138 pour d'autres articles en plus.

Ces chiffres peuvent paraître minces, au regard des quelque 40 000 prisonniers politiques dont la plupart tombèrent victimes, hélas, de leurs propres concitoyens ; mais il faut constater que dans ce domaine, la preuve était des plus difficiles à établir, et que le doute doit profiter à l'accusé. Chose plus curieuse, les Wallons se montrèrent beaucoup plus dénonciateurs que les Flamands : 0,82 pour mille, contre 0,32.

L'importance numérique de la collaboration a donc été au total très mince.

 

Belien, Een mythe doorprikt : « Vlaanderen als bakermat van racisme en antisemitisme », Secessie, 7, 2002, p.27-35

De ‘Encyclopédie du Mouvement Wallon’ - uitgegeven met overheidssteun door het ‘Institut Jules Destrée’ / !/ - in tegenstelling tot de ‘Encyclopedie van de Vlaamse Beweging’, geen artikel aan de collaboratie. De historicus Alain Collignon had zo’n artikel wel geschreven, maar het werd niet opgenomen.

(cf Knack, 30 mei 2001) Collaboratie moet in de Belgische gechiedschrijving uitsluitend een Vlaams fenomeen blijven. (...) »

 

21:32 Écrit par Johan Viroux | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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