08/08/2011

2.2 REX aux côtés des Nazis

Bodelet Jean-Michel, Le rexisme dans la Province de Luxembourg, 1939-1944, Mémoire ULG, 1995-1996

(p.147) Les rexistes au sein de la Sipo-S.O.

Après la guerre, de nombreux rexistes seront accusés d'assassinat. Si ceux-ci en ont commis, et en nous rappelant la remarque faite dans l'introduction concernant l'amalgame, dans la mémoire collective, qui associe rexiste et collaborateur, ce ne fut pas une logique de "Contre-Terreur", c'est-à-dire, la politique proprement rexiste de vengeance. Il n'y aura, dans la province de Luxembourg, qu'un seul cas de ce type pendant l'occupation. Ces "rexistes tueurs"  accompliront leurs, basses, besognes au sein de la terrible Sipo-S.O.

Nous avons déjà mentionné, l'existence de réseaux d'indicateurs pour cette dernière, et le nombre de rexistes y ayant pris partis. Ce n'est, comme nous l'avons également souligné, que le 1 er août 1943 qu'une antenne du S. O. de Liège s'installera à Arlon, répondant ainsi à la dégradation de la situation (résistance, sabotage,...) dans la province de Luxembourg.

Nous ne ferons pas, ici, l'inventaire de tous les crimes de S.O. dans cette province. Nous allons simplement, citer deux rexistes présents au sein de cet organisme.

Le plus célèbre, si l'on peut parler de célébrité dans ce cas, est sans doute A. Lambert de Bourcy. A son retour du front de l'Est, il demandera à être attaché à la police allemande, non pas comme il voudra le faire croire après la guerre, pour échapper à la Légion, avec laquelle il avait eu quelques déboires mais sans doute dans le but de venger la mort de sa soeur, assassinée dans le tram vicinal à Bastogne.

(p.150) Par exemple, en décembre 1940, le curé de Bourcy fait un sermon patriotique. A. Lambert lui envoie une lettre où il se plaint de son "discours politique". Il communique le double de cette lettre au Pays Réel, qui la publie le 205. Le prêtre ne sera cependant pas inquiété. Hélas, tous n'auront pas la même chance: (…).

 

(p.160) Le rôle de la presse clandestine

Si Le Soir est reparu assez rapidement après la guerre, son contenu a, quant à lui, sensiblement changé. Il passera aux yeux de la population comme Le Soir "volé". Le Pays Réel, lui, dont le premier numéro d'après mai 1940 est daté du 25 août, va s'engager, de plus en plus dans une. propagande pro-nazie.

D'autres journaux voient le jour, comme La Légia à Liège (52) ou l'Areler Volkszeitung, organe presque officiel du D.S.V., qui sort de presse le 09 août 1941.

Tous ont cependant un point commun, ils sont soumis au contrôle de la Propaganda Abteilung  et donc les informations qu'ils diffusent sont plus qu'orientées.

 

(p.163) Si les premières exécutions de rexistes en Wallonie eurent lieu en

septembre 1941, ce genre de mesure "expéditive" ne fut pas de rigueur, dans un premier temps, dans le Luxembourg.

Au départ, la population se contentera d'arracher les affiches de propagande et de laisser ces "collabos" dans leur coin ou de les injurier,...

 

(p.167) 1. A défaut de justice belge...

Dès le début de l'occupation, les rexistes et leur famille sont victimes de quolibets, moqueries,... de la part de la majorité de leurs compatriotes.

22:18 Écrit par Johan Viroux | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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